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1. La table d’orientation.Nous vous souhaitons la bienvenue à Gassin, l’un des 159 villages classés parmi les Plus Beaux villages de France dans le pays. Nous nous trouvons à l’entrée du village médiéval, perché à 200 mètres d’altitude et découvrons le panorama sur son territoire qui s’étend sur 25 km².Gassin est au cœur de la presqu’île de Saint-Tropez qui s’étend tout autour de nous et qui comprend également : Ramatuelle, Saint-Tropez et La Croix-Valmer. Le territoire est marqué par son accès à la Méditerranée d’un côté, et de l’autre par le massif des Maures aux côtes escarpés et à la végétation impénétrable. Elle a permis longtemps de préserver cette région, et Gassin plus qu’aucune autre commune littorale.Situons-nous : les jours de beau temps, on aperçoit les Alpes enneigées à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Notre village possède la plus belle du Golfe, et, bien au-delà jusqu’à la baie de Cannes (60 km). En nous rapprochant, on découvre, l’île des Vieilles et Anthéor, l’Estérel remarquable par ses roches rouges et au bord la baie de Fréjus-Saint-Raphaël, la pointe des Sardinaux et Sainte-Maxime, le port et aux alentours les collines mitées d’habitations. Dans le fond du Golfe, on découvre Port-Grimaud et les Marines de Gassin et Cogolin. Le village de Cogolin se trouve plus à l’intérieur des terres, et au-dessus apparaît le village de Grimaud et son château.Saint-Tropez se trouve derrière la colline et on aperçoit ici la baie de Pampelonne, la célèbre plage de sable blanc de Ramatuelle. Nous découvrirons le reste du littoral du golfe de Saint-Tropez depuis l’autre côté du village.Parcourons Gassin : Dans la vallée de la Berle ici se trouve 4 domaines viticoles parmi les plus prestigieux : Barbeyrolles, Minuty, et au début de la vallée, Bertaud-Bélieu et le Bourrian. Gassin possède encore d’autres châteaux : La Rouillère, de l’autre côté de la vallée, le Cap Saint-Pierre, vers Saint-Tropez, et, côté ouest, le Domaine Tropez, le château de Chausse ainsi qu’un regroupement original de producteurs : les Maîtres Vignerons de la Presqu’île. Pour compléter ce panorama « terroir » qui ordonne le paysage gassinois, signalons la présence d’une oléiculture réputé sur la colline des Patapans. La viticulture est une activité majeure à Gassin depuis de nombreux siècles : il a existé sur le littoral un comptoir grec de commerce, Athénopolis. La viticulture a ensuite été développée avec l’arrivée des Romains.On aperçoit ici le Barri de Gassin, point culminant de Gassin et de la Presqu’île à 322 mètres. C’était autrefois un oppidum occupé par des celtoligures.Derrière la colline des Patapans se trouvent nos hôtels de luxe : le Mas de Chastelas, de notre côté et, de l’autre côté, le Belrose, le Kube Hotel et l’Astragale, ainsi que le Dune et la Bastide d’Antoine. Ce caractère luxe est renforcé par la présence d’un golf international dont on aperçoit les greens et du polo Club Haras de Gassin dont on voit une partie des terrains.Gassin a accueilli et accueille toujours de nombreuses personnalités : sur la colline juste en face apparaît la villa qui a appartenu à Günther Sax, le premier époux de Brigitte Bardot… c’est d’ailleurs dans un restaurant de Gassin qu’ils se rencontrèrent…Le panorama est complété vers la mer par Azur Park, l’un des plus importants parcs forains de France, et en remontant, autres caractéristiques de Gassin : de nombreux services : hôpital, collège et lycée notamment – les plus petits sont scolarisés au village de la crèche à la maternelle !Voilà le panorama posé… partons maintenant à la découverte du village médiéval de Gassin, l’un des plus beaux villages de France !2. L’hôpitalNous nous trouvons sur les lieux de l’ancien hospice de Gassin, qui fonctionnait durant l’ère moderne, jusqu’au XVIIIᵉ siècle environ. Comme habituellement dans les villages, le cimetière était attenant à l’église.La promenade s’appelle leï Barri, ce qui signifie « les murs », « les remparts » en provençal.3. L’égliseLe nom du village de Gassin provient de l’indo-européen : -kar (pierre perchée) et -sen (colline, bâti sur un rocher). C’est sur un véritable éperon rocheux que les villageois se sont installés ou réinstallés aux alentours du XIᵉ siècle. Les habitations ont été érigées directement sur le rocher, comme ici les contreforts du bâtiment plongent dans la roche.Le clocher de l’église était probablement à l’origine une tour de guet. Du haut du clocher, la vue est à 360° depuis la baie de Cannes jusqu’au littoral de la baie de Cavalaire et les Îles d’Hyères. Cela permettait d’observer de très loin les possibles attaques depuis la mer. Il était ainsi possible d’alerter les villages voisins, notamment Grimaud.4. Nature et jardinsLes arbres qui bordent la promenade deï Barri sont des micocouliers de Provence, arbres typiques de la région qui offrent un bel ombrage en été et contribuent à donner à l’espace son charme.Plus bas, on découvre les terrasses qui, au Moyen Âge, ont été créées pour accueillir les cultures : maraîchage et arbres fruitiers.Depuis une cinquantaine d’année, le Jardin L’Hardy occupe une partie de ces terrasses. Il est labellisé « Jardin remarquable » depuis 2009. Madame L’Hardy, la belle-fille de la créatrice du jardin, est l’âme de ce jardin qui reproduit des espaces natures tels qu’ils existent « in situ » dans la région. Selon sa philosophie, si une plante ne peut pas survivre par elle-même, elle n’a pas sa place dans ce jardin.Acquis 1973 par Germaine L’Hardy-Denonain, ce jardin a été créé et mis en valeur jusqu’à devenir un jardin botanique, classé remarquable depuis 2009. Il abrite plusieurs centaines d’espèces provençales et méditerranéennes.Le jardin s’ouvre sur la place deï Barri, face au restaurant Le Micocoulier. Il vous suffit de descendre quelques marches et de passer le charmant portillon en fer forgé. C’est le jardin secret de notre enfance où l’on aimait se cacher. Un petit bout de paradis d’à peine 2500 m², quatre restanques noyées de végétation entre lesquelles serpentent des sentiers, des escaliers romantiques. Ici se mélangent avec bonheur plantes du massif des Maures et plantes acclimatées.Labellisé « jardin remarquable » en 2009, label renouvelé en 2015, la visite de ce jardin est gratuite… Profitez-en, c’est si rare ! N’hésitez pas à questionner Mme L’Hardy-Halos, si le portillon est ouvert c’est qu’elle est là. Elle aura plaisir à vous conduire dans son jardin pour vous faire découvrir les merveilles qui s’y cachent. Une visite qu’il ne faut surtout pas rater si l’on est un passionné de jardins !Au cours des siècles passés, les Gassinois donnaient vie aux berges où se trouve aujourd’hui installé le jardin botanique Germaine L’Hardy-Denonain. Ils y cultivaient arbres fruitiers (poiriers, cerisiers, pruniers, amandiers, figuiers, jujubiers, caroubiers, arbousiers) et légumes de toutes sortes (pois-chiches, fèves, tomates, salades). Les feuilles des vieux mûriers nourrissaient les vers à soie au temps de la florissante sériciculture et des magnaneries. Les chênes-lièges abondaient en matière première les bouchonneries et fabriques de semelles et d’agglomérés. La trace des démasclages demeure visible sur les plus beaux d’entre eux.Le village garde en mémoire le passé vivant de ces berges, qui ont retrouvé leur caractère rural, en harmonie avec le vieux village qui les domine et avec le massif forestier qui les prolonge jusqu’à la vallée de la Berle.Le jardin vous propose une plongée dans la biodiversité méditerranée, arbres et arbustes (chênes-lièges, charmes-houblon, myrte et alaterne, cistes et laurientin, lentisque et calycotome épineux, germandrée et luzerne en arbre, ainsi que les herbacées : campanules et spergulaire, cheveux de Vénus et valériane rouge, herbe aux poux et herbe aux verrues, nombril de Vénus et linaire striée, euphorbe des bas-fonds et fausse morgeline, orchidées sauvages, andryale à feuilles intègres, ou encore acanthe, coquelicot, le chasmanthe, lierre, garance, liondent tubéreux…Les espèces horticoles ne sont pas oubliées : les iris côtoient un rosier de Bancks près d’un gouet à capuchon et d’une agapanthe.4. Place des Îles d’OrOn constate ici l’intérêt stratégique de Gassin et de sa vue imprenable avec de ce côté la vue jusqu’à la baie de Cavalaire et les îles d’Hyères.On aperçoit d’ici 3 des îles : le Levant, Bagaud et Port-Cros, éloignées d’environ 30 kilomètres. Il s’agit des 3 îles plus sauvages de l’archipel : celle de Bagaud est totalement interdite. Celle du Levant est connue pour accueillir, côte à côte, un camp militaire et un espace naturiste, Heliopolis. L’île a également accueilli autrefois un « centre d’éducation et de patronage pour jeunes détenus », souvent dénommé « bagne pour enfants ». Les dures conditions conduiront à la mort d’une centaine d’entre eux durant les 27 ans d’ouverture du camp, dont 14 d’entre eux, accusés d’être des « espions », tués par d’autres jeunes lors d’une mutinerie.La table d’orientation deï Barri vous offre un point de vue remarquable de Gassin. Le panorama qui s’étend devant vous révèle les îles d’Or (Port-Cros, Levant et Bagaud), la baie de Cavalaire et une grande partie de la presqu’île de Saint-Tropez.Cette table d’orientation a été créée et installée en 2017. Elle complète le dispositif touristique de Gassin, village célèbre pour ses points de vue depuis le XIXe siècle, au nord avec la table d’orientation de l’office de tourisme, au sud avec celle-ci et à l’ouest avec la terrasse qui permet d’admirer le massif des Maures et la plaine, où se dresse le château de Grimaud.5. Place Hannibal de ChâteauneufNous nous trouvons dans la partie moderne du village de Gassin, réalisée entre 1989 et 1995 par François Spoerry. L’architecte venait d’achever Port-Grimaud mais n’avait pu y réaliser son rêve de recréer un « vrai » village, avec des habitants et une vie à l’année. Ce projet ce concrétise à Gassin où les habitations sont réalisées pour les actifs, des familles avec enfants. Cela a permis de bâtir un nouveau village vivant, avec des petits commerces, des écoles à proximité (crèche, maternelle, primaire). La place Hannibal est le cœur de ce village avec des salles municipales (notamment la salle de sport), une épicerie, des arbres de Provence et une fontaine.A la fin des années 1980, le cœur du village de Gassin se dépeuplait au profit de la plaine et particulièrement du quartier de la Foux. Robert Dho, maire, afin de faire revivre le village et d’en assurer la continuité, fit appel à François Spoerry.Primé d’une Marianne d’Or et du prix d’architecture européen Philippe Rotthier, le village moderne de Gassin s’étend au sud du village médiéval.Réalisé par l’architecte François Spoerry à la fin du XXe siècle, le projet de nouveau village a réussi son pari de faire revivre Gassin.L’architecte, mondialement connu pour sa réalisation de la marina de Port-Grimaud, village lacustre édifié entre 1966 et 2000, conçut une extension du village comprenant des maisons individuelles, des immeubles d’habitation, mais également un HLM, des boutiques et un agrandissement de l’école élémentaire.Au total, 124 logements harmonieusement agencés et parfaitement intégrés au village ancien. La 1ère pierre fut posée le 1er mars 1989 et le nouveau village de Gassin fut inauguré le 10 septembre 1993. Cette réalisation exemplaire valut à son concepteur d’être nominé pour le prestigieux « Prix Prince of Wales » décerné par l’Académie de l’Université d’Harvard et de recevoir en 1998 le « Prix européen de la reconstruction de la ville », fondation Philippe Rotthier.6. Le Puits Saint-Jean Baptiste / Le Puits NeufLa construction en hauteur du village au Moyen Âge a permis de se protéger beaucoup mieux, mais la vie est devenue plus difficile. L’accès à l’eau, notamment, était un défi majeur. Il a été relevé au fur et à mesure des années par la construction de puits, l’utilisation des sources en contrebas, puis la construction de citernes avant l’arrivée de l’eau potable au robinet au XXᵉ siècle. Ces puits couverts sont typiques de Provence, pour prévenir l’évaporation. Ils datent des XVIᵉ -XVIIᵉ siècles.Le Puits Neuf est daté du XVIe ou du XVIIe siècle. Situé au cœur du village médiéval, il surprend par sa forme d’obus.Intégré au réseau de récupération des eaux de Gassin, il rappelle l’importance de l’eau dans les villages perchés de Provence.Fuyant l’insécurité des plaines où ils s’étaient installés depuis plusieurs siècles, les habitants s’installèrent vers le XIIIe siècle sur la colline où se trouve actuellement Gassin.L’eau manquait sur ce piton rocheux, à 200 mètres d’altitude. Plusieurs sources existaient en contrebas du village : celles de l’Arlatane et de Bonne Fontaine notamment, mais leur éloignement ne permettaient que partiellement de subvenir aux besoins pour les hommes, les bêtes et les plantes.Au village, de nombreux habitants possédaient une citerne pour recevoir les eaux de pluie. Le puits à l’intérieur de l’enceinte fortifiée était le seul point d’eau collectif. Il était alimenté par les eaux de ruissellement mais peut-être aussi par une source.Les problèmes d’approvisionnement en eau du village furent récurrents jusqu’au rattachement des circuits du village à un réseau plus vaste au XXe siècle.Avant cela, la tour du château primitif, jouxtant le presbytère, avait été transformée en citerne et un système permettait au XXe siècle de recevoir au village les eaux de la source de Bonne Fontaine.Ce puits, appelé le Puits Neuf, a été daté du XVIIe siècle. Son existence est attesté au début du XIXe siècle. Il possède un diamètre intérieur de 1,8 mètres et a 7,4 mètres de profondeur.7. Place de la mairieDurant la seconde moitié du XVIᵉ siècle, Gassin connu deux créations importantes : l’église, en 1558 et la mairie en 1584.C’est donc depuis plus de 450 ans que les représentants des Gassinois se réunissent ici pour prendre les décisions importantes pour la vie de la commune.Le bâtiment, inscrit, a accueilli autrefois l’école communale.Sur le parvis de la mairie se trouve le blason de la commune. Il représente les armoiries de la famille de Castelanne qui furent autrefois les coseigneurs de Gassin. Les Gassinois ont également repris leur devise : « May d’honour que d’honours » : plutôt l’honneur que les honneurs.La mairie de Gassin accueille le conseil de la commune depuis sa création en 1584. Elle a connu des agrandissements successifs et accueilli le four banal et l’école communale. Elle est symbolique de l’architecture des villages de Provence de ces périodes.Le bâtiment est inscrit à l’inventaire des monuments historiques.La première « maison de la ville » fut construite au-dessus du four banal, après autorisation du seigneur de Châteauneuf, co-seigneur de Gassin en 1584. La banalité est l’usage général et obligatoire d’un bien appartenant au seigneur ou à celui qui a fait l’acquisition de ce bien avec sa banalité : ce qui fut le cas dudit four, passant de main en main, acheté par la commune, vendu ensuite au sieur Ollivier pour éponger des dettes d’emprunts, racheté enfin pour faire partie du patrimoine communal.La mairie d’origine ne comportait qu’une seule pièce, correspondant à l’actuel rez-de-chaussée à droite en entrant, moins le passage sur la rue. Elle fut agrandie en 1844 par achats successifs de maisons mitoyennes et rehaussée en 1899 pour loger l’école (classes de filles et garçons) et les couples d’instituteurs.En 1869, M. Parent, alors directeur des Chemins de Fer du Nord et inventeur de plusieurs locomotives, ayant séjourné à Gassin, fit don de l’horloge. Le conseil municipal de l’époque vota la somme de 300 francs pour construire la chambre où serait logé le mécanisme. Pour l’anecdote, l’habitacle dans lequel devait s’insérer le cadran était trop petit, d’où nécessité de l’agrandir. Depuis ce temps, l’horloge est en place. Elle scande les heures de notre vie, le jour. La nuit, elle est muette, au grand dam des insomniaques auxquels manquent ces repères sonores, mais au grand soulagement des dormeurs riverains que ces mêmes sonorités éveillaient en sursaut et tenaient en haleine jusqu’à la « réplique », surtout entre onze heures et minuit !L’hôtel de ville est devenu exigu, bien qu’occupant tout l’espace. Il a été rénové en 1985 sous le mandat de Robert Dho, il comporte au premier étage divers bureaux pour madame le maire, ses adjoints et d’autres destinés à la direction générale des services, le service population-état civil, la comptabilité, l’urbanisme et l’animation.Une superbe salle de réunion (jadis salle de classe) où se déroulent aussi les mariages, fait pendant au local initial… quatre cents ans pour éclore !Elle a servi de lieu de tournage à la série « Sous le soleil » (rebaptisée « Saint-Tropez » à l’international), avec Bénédicte Delmas, Adeline Blondieau et Tonya Kinzinger notamment.La mairie reçut la visite, en 1868, du prince Napoléon-Jérôme Bonaparte (1812-1891), rendit visite aux élus de Gassin.8. Rue de la TascoNous entrons dans le cœur du fort médiéval du village. C’est autour de la rue de la Tasco que s’est construit le fort primitif, le village ne comptant alors de maisons qu’à ce niveau, à la fin du XIᵉ siècle. Il s’est étendu dans les siècles suivants avec l’érection de remparts conséquents notamment.On constate ici sur notre droite une habitation typique de l’époque : avec une petite cour intérieure et 9. Porte des SarrazinsLa porte des Sarrazins permettait l’entrée dans le fort médiéval ; elle fut ouverte vers le XIIIᵉ siècle dans le mur des remparts. À l’époque, elle était fermée par une herseL’accès de cette entrée était défendu par une porte en bois et une herse, appelée sarrasine. En s’avançant vers la porte on aperçoit, en haut à gauche, l’un des gonds et à droite l’emplacement des madriers qui permettaient de la fermer ; en haut, dans l’arc, la partie en brique dessine l’espace qui permettait de descendre la herse.L’arc et le pied droit à l’intérieur sont en serpentine marbre vert-bleuté du massif des Maures et à bossage, signe caractéristique de l’architecture civile et militaire au XIVe siècle.La serpentine était extraite des carrières locales ; Gassin possédait la sienne, située à l’époque dans son quartier de Cavalaire.La porte des Sarrazins est représentée sur l’énigmatique monument à Saint-Joseph à l’entrée du village.9bis. Tour du fortCette tour est le dernier reste du fort médiéval primitif de Gassin. De taille modeste, elle fut créée pour la défense de ce site choisi pour son inaccessibilité et sa vue dégagée, pour prévenir razzias sarrasines et attaques d’autres seigneurs.La tour de Gassin possède certaines caractéristiques typiques des ouvrages militaires du Moyen Âge en Provence. C’est le cas particulièrement des moellons bosselés visibles sur les parois. Ces pierres de calcaire local sont grossièrement taillée et avaient l’avantage de pouvoir être maniées facilement.Après la pacification de la région, la tour fut convertie en citerne pour satisfaire les importants besoins en eaux du village.10. ÉgliseL’église de Gassin date du XVIᵉ siècle. Auparavant, les villageois priaient dans une petite église à l’intérieur du village, près de la porte des Sarrazins. Une grande partie du mobilier de l’église est inscrit et date de cette époque. C’est une église simple, avec un chœur, une nef rectangulaire unique avec deux travées de voûtes supportées par quatre piliers et une abside à trois pans.Édifiée en 1558, l’église Notre-Dame-de-l’Assomption a été plusieurs fois remaniée. La tour du clocher est certainement antérieure à l’ensemble. Les créneaux qui la surmontaient ont été détruits durant la période révolutionnaire.Cet édifice possède une architecture simple avec un chœur, une seule nef rectangulaire avec deux travées de voûtes et quatre piliers, une abside à trois pans et un clocher.Son clocher est une tour carrée ; elle possédait jusqu’à la révolution des créneaux. Ils ont été détruits par les révolutionnaires parce que représentant un symbole de la féodalité. Ils ont été par la suite réinstallés puis à nouveau enlevés à la fin du XXe siècle.L’église est construite sur les rochers ; de massifs contreforts soutiennent les murs et le chevet du bâtiment.La porte en basalte de la façade d’entrée est surmontée d’un fronton triangulaire et donne sur la place de l’Église.L’église est située à l’entrée nord du village. Au sud de l’église se trouve le presbytère.L’église renferme un reliquaire de Saint-Laurent, patron du village, une vierge dorée et de nombreux tableaux. Un très ancien bénitier en marbre blanc orné de quatre têtes d’anges du XVIe siècle ainsi qu’un fragment du Christ de l’école espagnole se trouvent dans la sacristie.Le Don du Rosaire est probablement l’oeuvre de Coriolano Malagavazo.Le chemin de croix de style moderne a été réalisé par Roger Roux en 1968. Les vitraux sont l’oeuvre du maître aveyronnais Claude Baillon.L’histoire raconte que l’évêque voulant consacrer cette nouvelle église se heurta à la mauvaise volonté du curé, qui craignait que cette cérémonie ne lui occasionnât des dépenses ; pour s’y soustraire, il ne trouva rien de mieux que de disparaître. La cérémonie de consécration se déroula normalement malgré son absence.11. rue LongueParcourant les ruelles pittoresques de ce village classé parmi les plus beaux de France, vous aurez la possibilité de découvrir une dizaine de portes anciennes datées aux époques où le village s’est étendu en dehors de ses premiers remparts.Gassin est enchâssé dans un écrin de verdure qui met en valeur son charme médiéval. C’est à partir du XIe siècle que l’éperon rocheux a accueilli les habitants qui fuyaient l’insécurité du rivage et de la plaine. La porte des Sarrasins marquait au Moyen Âge l’entrée dans le fort autour duquel s’est construit Gassin.Situées sur le versant ouest du village, ces portes sont datées des XVe au XVIe siècles. La plus ancienne, fait exceptionnel, porte le millésime de 1422 ; la plus récente est datée de 1663.La porte de 1422 est d’autant plus remarquable que la date a été gravée en chiffres modernes, dont l’utilisation est rare à cette époque pour ce type d’utilisation, l’usage étant plutôt celui des chiffres romains.Les pierres utilisées pour ces linteaux sont de la serpentine ou du basalte.La serpentine, de couleur verte, et le basalte, gris ou noir, sont des roches métamorphiques et volcaniques extraites des carrières locales. Certaines étaient encore active à la fin du XIXe siècle sur le territoire de Gassin.Elles sont un élément décoratif caractéristique de l’identité locale.Les arcs ou linteaux des portes de maisons gassinoises construites à la fin du Moyen Âge et au début de l’ère moderne ont souvent fait l’objet d’inscription, mais de date seulement. Dans d’autres régions apparaissent des motifs artistiques ou des notations religieuses.Ces pièces d’architectures servant à soutenir les murs au-dessus des murs sont toutes clavées, à l’exception de la porte de l’église paroissiale Notre-Dame-de-l’Assomption dont le linteau monolithe s’appuie sur deux jambages.12 AndrounoNous arrivons à la curiosité du village… l’Androuno, la rue la plus étroite du monde.L’Androuno est la plus petite rue du monde : à son point le plus étroit, elle mesure 29 centimètres de large, ne laissant passer que le passage d’une personne à la fois ! Elle présente tout le charme pittoresque du village perché de Gassin.La commune de Gassin possède la « plus petite rue du monde », l’Androuno.Son nom vient du latin ‘andron’, dérivé du grec ἀνδρών, hommes. Il désignait chez les Grecs une partie des habitations réservée aux hommes. Pour Vitruve et Pline le Jeune, le nom caractérisait un passage entre deux maisons ou entre deux parties d’une même maison.Il existe de nombreuses ‘androuno’ en Provence. Le terme est attesté depuis longtemps et figure dans les glossaires et dictionnaires depuis le XVIIIe siècle. Frédéric Mistral, dans son Tresor dòu Felibrige, donne comme définition de ce mot : « ruelle », « cul-de-sac », « vide qui sépare deux maison », ou « tour de l’échelle », pouvant encore évoquer un réduit, une cachette ou des latrines.Les androuno peut donc être une ruelle étroite et peu engageante, et de ce fait réservée aux hommes. C’est la théorie évoquée par le chanoine François Durand. Selon Claude-François Achard, l’androuno est une « ruelle, endroit propre à se cacher ».Constante de l’architecture des villages méditerranéens, ces « passages couverts fournissent d’efficaces remparts contre les assauts du mistral, la canicule estivale, les giboulées printanières ou les averses de neige ». Aujourd’hui, plusieurs fonctions plus ou moins fantaisistes lui sont attribuées : utilisation dans le comptage, voire la sélection selon leur grosseur, de moutons, permettre l’écoulement des eaux lors des violents orages ou empêcher la venue d’homme en arme.La rue a été reconnue comme la plus étroite du monde par le National Geographic !13. La fabrique et le moulinJusqu’au XIXᵉ siècle, la vie à Gassin était une vie principalement paysanne, avec quelques artisans, notamment le forgeron du village. Pour l’agriculture, le village possédait plusieurs petits moulins à l’intérieur du village : des moulins à sang qui fonctionnait avec la force des ânes. Il y eut ensuite une petite activité pré-industrielle avec d’une part la bouchonnerie, où on fabriquait les bouchons en liège et l’élevage des vers à soie.Les moulins à sang étaient connus dans par les Romains comme les « molae asinariae », (du latin molae, meule, et asinarius, âne). Connus depuis l’Antiquité, ces moulins utilisaient la force animale, parfois le cheval, mais plus couramment l’âne.C’est ce type de moulins que l’on trouve dans l’enceinte du village de Gassin pour l’extraction de l’huile d’olive. Ils complétaient les moulins à vent qui se développent au XVIIᵉ siècle (moulin Brûlat, moulin de Saint-Martin, moulins de Bestagne).Chevaux et ânes sont utilisés pour l’agriculture, pour le transport, pour les parades aussi…Dans cette terre viticole de la presqu’île de Saint-Tropez, ils sont déterminants pour la culture de la vigne, dans toutes ses étapes.Le cheval est toujours utilisé en 2019, dans différents domaines, notamment pour le travail de la terre au château Barbeyrolles.14. La légende de la sorcièreGassin est connu comme le village des sorcières. Selon la légende, alors que la peste ravageait la région, les Gassinois quittèrent le village pour rejoindre des maisons dans la plaine ou la forêt. Ils craignaient que leur village soit attaqué par les pillards. Surpris, ils se rendirent compte que tous les soirs, une lueur une apparaissait au village et allait de maison en maison pour allumer les âtres, les bougies.Cela se répéta tous les soirs pendant de longues semaines… Un jour, l’étrange manœuvre cessa. Inquiets et intrigués, les villageois commencèrent à revenir au village… Les premiers virent partirent une ombre qui tenait une braise incandescente dans la main. Elle s’enfuit et on ne la revit plus jamais. Les villageois comprirent que cela était le signe qu’ils pouvaient revenir au village libéré de la peste.15. Rollet de Gassin et les ruellesNous venons ici pour profiter de ces petites ruelles typiques du village.Rollet de Garcin – Garcin est l’ancien nom de Gassin – était un troubadour, ces poètes, compositeurs et musiciens du Moyen Âge en pays d’Oc. 16. Point de vue de GrimaudLe dernier point de vue qui s’offre à nous est celui sur Grimaud et son château. Comme Gassin, Grimaud a été créé vers le XIe siècle lors de la restructuration des communautés après le départ des Sarrazins. Grimaud fut jusqu’à la révolution le siège de la baronnie qui dirigeait Gassin.Situé à l’ouest, on y voit de magnifiques couchers de soleil.17. Au revoir (place Neuve).Je vous remercie pour votre attention.

Gassin à travers les cartes postales…

La Porte des Sarrazins (à gauche) et la rue Centrale

L’église et la vue depuis la place deï Barri

Vue sur les Îles d’Or depuis une maison du village

L’hippodrome de La Foux entre Gassin et Cogolin

Le vieux fort médiéval (qui n’était pas lié à l’ordre des Templiers !)

La rue du Fort

L’église depuis la place de l’Église

Le Puits Neuf, rue du Puits

Le Pin de Bertaud, qui fut l’un des plus beaux spécimens de pin parasol connu au monde.

La Chapelle Notre-Dame-de-la-Compassion

Le monument à saint-Joseph

Le clocher depuis l’entrée nord du village

Le Moulin Brûlat